Prodigue, le Chili offre, entre sud et nord, 4200 km de latitudes aux tenants des extrêmes. Un terrain qui convient parfaitement à l’incentive, des splendeurs glacées et humides de la Patagonie aux confins desséchés du désert d’Atacama et de la puna andine. C’est à partir de San Pedro que se découvre ces derniers, là ou resplendit l’éblouissant univers minéral de la plus aride contrée du monde.
L’air y est si limpide que la vue porte jusqu’à 70 km, sans même ce frémissement qui altère parfois l’horizon sous la lumière drue des pays secs. Sec, c’est le moins dont on puisse qualifier le désert d’Atacama.
Il n’y tombe guère que 50 mm d’eau par an, et encore, ne s’agit-il là que d’une moyenne sur un long laps de temps, car il arrive qu’il n’y pleuve pas du tout, la région entière revendiquant d’être le lieu qui reçoit le moins de précipitations au monde. A ce compte, on se demande quelle mouche andine a piqué les Indiens atacamas pour venir s’installer il y a quelques millénaires dans cet endroit su peu hospitalier, y développant cependant une culture originale bien avant l’arrivée des Incas et des Espagnols.
Peut être pour une question d’espace! Parce qu’ici le Chili prend ses aises, s’offrant une largeur inhabituelle de près de 350 km, de l’océan jusqu’aux cimes vertigineuses des Andes, et des paysages à couper le souffle. Ainsi du fameux salar d’Atacama, cette vaste dépression saline dont la blancheur étincelle au pied de deux géants de la Cordillère, les volcans Licancabur et Lascar. Avec leurs noms aux consonances celtiques, ce sont peut-être des elfes qui ont ouvert les vannes de ces châteaux d’eau pour alimenter le salar en drainant par ruissellement les sels volcaniques recouvrant leurs flancs.
Toujours est-il que sous le sel, il y a de l’eau et quelques flaques çà et là en surface pour calmer la soif des colonies de flamants roses qui peuplent le salar. C’est cette même eau, née de la fonte des neiges andines, qui a permis à quelques rares oasis de trouer de vert la surface ocre et jaune du désert. San Pedro de Atacama est de celle-là. Mecque du tourisme dans le grand nord chilien, cette héritière des vestiges de la culture atacamana est aujourd’hui le point de départ des excursions courant aux quatre coins de ces espaces extra-terrestres qui ont décidé la Nasa à y tester ses petits véhicules destinés à l’exploration de Mars. On y débarque d’ailleurs comme sur une autre planète après une bonne heure de route depuis l’aéroport de Calama, situé à 90 km.
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